Principes de la permaculture de Bill Mollison

Première liste de Mollison : En 1988, Mollison a publié un livre intitulé, Permaculture: A Designers’ Manual (pas disponible en français). Bien que les “principes” n’apparaissent pas dans la table des matières, une section dans le chapitre 2, intitulé “L’application des lois et des principes à la conception” fait la liste de « certains principes de conception qui ont été condensés pour une utilisation dans la permaculture. »

Sous chaque rubrique se trouve une explication.

Travailler avec la nature, plutôt que contre elle.

Le problème, c’est la solution.

Cette expression est un “Mollisonisme” (une de ses idées favorites !) et elle implique que ce sont nos attitudes figées qui créent les problèmes alors que si nous envisageons tout comme une ressource positive, notre travail en tant que concepteurs revient alors à trouver comment nous pouvons les utiliser en tant que telle.

Limiter le nombre d’interventions pour obtenir le plus grand effet possible.

Par exemple, quand vous choisissez le site d’un barrage, sélectionnez la zone où vous aurez le maximum d’eau avec un déplacement de terre minimum.

Avec les informations – et la créativité… – nécessaires, le rendement d’un système est théoriquement illimité.

Je crois qu’il exagère ici ! Selon moi, ce qu’il voulait  vraiment  dire c’est que, avec plus d’informations et d’imagination, il est souvent possible d’obtenir un rendement encore plus grand et plus diversifié à partir du système prévu.

Tout est jardin

Un autre “Mollisonisme”, où il suggère que tout a un effet sur son environnement. « Lorsque nous examinons comment les plantes et les animaux changent les écosystèmes, nous pouvons trouver de nombreux alliés dans nos efforts pour subvenir à nos besoins et à ceux d’autres espèces. »

Dans cette même section, il mentionne « plusieurs considérations de conception pratique à observer. » La raison pour laquelle ceux-ci sont séparés de la liste de ci-dessus n’est pas claire pour moi, mais les voici :

  • Les systèmes que nous construisons doivent durer aussi longtemps que possible et avoir besoin du minimum d’entretien possible.
  • Ces systèmes, alimentés par le soleil, devraient produire non seulement de quoi subvenir à leurs propres besoins, mais aussi à ceux des personnes qui les ont créésou qui les contrôlent. C’est cette double fonction qui fait qu’ils sont durables.
  • Nous pouvons utiliser de l’énergie pour construire ces systèmes à condition que,dans leur durée de vie, ils stockent ou conservent plus d’énergie que nous n’en utilisons pour les construire et assurer leur entretien.

Deuxième liste de Mollison

En 1991, Mollison a publié un manuel plus concis, Introduction à la permaculture. Le chapitre 1 est intitulé « Principes de permaculture ». Les titres de section énoncent les principes et chaque rubrique les explique. Heureusement, ce livre a été traduit en français par Jean-Luc Girard et Muriel Gasnier et publié par Passerelle Éco.

Emplacements relatifs : chaque élément est placé en relation aux autres

Au cœur de la permaculture, il y a cette activité de conception appelée le design.  Le design, c’est la mise en relation judicieuse d’éléments entre eux. Ce n’est pas l’arbre, l’eau ou la poule qui compte, c’est la relation entre eux, que le permaculteur crée ou met à contribution… Mais pour permettre à un élément du site (un étang, la maison, un bois, le jardin ou un brise-vent) de fonctionner efficacement avec les éléments de son environnement, encore faut-il qu’il soit situé au bon endroit.

Chaque élément remplit plusieurs fonctions

Chaque élément du système devrait être choisi et situé de manière à exercer le plus de fonctions possibles…

Chaque fonction est assurée par plusieurs éléments

Les besoins vitaux comme l’eau, la nourriture, l’énergie et la protection contre le feu (ce dernier point nous rappelle qu’il écrit en Australie) devraient être assurés d’au moins deux manières différentes…

Efficacité énergétique

Cette section comprend la planification de l’utilisation des zones, des secteurs et de la pente, les fondamentaux de la création d’une conception (design).

Utilisez des ressources biologiques

Un système permaculturel utilise autant que possible les ressources biologiques, végétales et animales, afin de remplir toutes les fonctions de la ferme et économiser l’énergie lorsque cela est possible… Pour que ces ressources naturelles soient vraiment utiles, encore faut-il qu’elles soient bien gérées, c’est primordial… Les bonnes stratégies de gestion reposent souvent sur le choix du moment d’intervention.

Les cycles de l’énergie

La permaculture vise ainsi à recycler, récupérer et augmenter l’énergie, et stocker et utiliser toutes les ressources avant qu’elle ne soient dégradées à leur état énergétique le plus bas et perdues à jamais…

Des petits systèmes intensifs.

Il suggère que vous commenciez à petite échelle et que vous vous développiez uniquement au rythme où il vous est possible d’entretenir correctement le terrain que vous utilisez.

Il explique les concepts de l’étagement des cultures dans l’espace et le chevauchement des cultures dans le temps.

Accélérer les successions pour accélérer l’évolution

Il parle de la préparation des terres pour la culture en utilisant un paillage avec des cartons et l’utilisation d’engrais verts, de paillis et de compost pour améliorer le sol.

La diversité

Il loue les avantages d’une plantation diversifiée

La production d’une monoculture d’une espèce donnée est probablement plus élevée que n’importe quelle espèce au sein d’une conception permaculturelle. En revanche, la somme des différentes productions dans un système mixte est plus importante… Il explique “les associations” comme des combinaisons d’espèces autour d’un élément central, végétal ou animal… Ce sont des compositions et des positionnements d’espèces les unes par rapport aux autres, qui développent des synergies – ou du moins, ne créent pas de relations néfastes.

Effets de lisière

Les lisières – les interfaces entre deux milieux – sont des zones aux biodiversités particulièrement riches et variées parce qu’elles partagent les ressources des deux systèmes. Il explique les différentes formes et vous encourage à maximiser les lisières dans vos conceptions.

Bonnes attitudes

Tout marche dans les deux sens : Chaque ressource peut être considérée à la fois comme un avantage ou comme un inconvénient selon l’usage que l’on en a… Les inconvénients peuvent être vus comme des problèmes, mais dans ce cas il faudra dépenser beaucoup d’énergie pour s’en débarrasser. L’alternative, c’est de les voir comme des ressources positives : c’est à nous d’imaginer comment en tirer profit.

La permaculture est un concentré d’information et d’imagination : Il avance que « ce qui détermine le rendement du site est la qualité de la pensée qui s’y applique et des informations qui inspirent sa conception ».